| Mais revenons à nos khmers.
(il n'a pas de moutons ici, ni d'ânes d'ailleurs, du moins pas la
version quadrupède). Les permanents de ce joli théâtre,
environ une vingtaine, ont tous été façonnés
par le monstre. Déménager à Siem Reap, ville la plus
riche du Cambodge, leur a permis de trouver du travail, enfin à
presque tous. Certains en effet sont dans un logique d'assistanat pure
et dure, et c'est pour ceux-là que les limites de l'action de l'association
se font vite sentir. Heureusement, nous n'avons « que » 3 incasables,
les autres bossant qui à la maintenance de l'aéroport, qui
au ménage du Sofitel, qui dans une ONG d'aide à l'enfance.
PSE soutient aussi les enfants les plus démunis de la décharge de Siem Reap, les écoliers à droite du tableau de famille ; dans la continuité de l'action menée à Phnom Penh, c'est aussi une façon de s'assurer la bienveillante neutralité des autorités locales.
Toute cette petite troupe vaque tranquillement dans la journée, et outre les filles non mariées qui sont donc pensionnaires, certains garçons ou couples se retrouvent au Centre pour les repas, les cours de français, ou tout simplement un bon moment entre copains. C'est un groupe super sympa (moins bien sûr quand les maris claquent leur paye en une nuit et sont trop honteux ensuite pour rentrer chez eux), vivant tous à horizon maximum d'une semaine ; certains se sont bien envolés du nid PSE, d'autres non. nid par trop douillet, c'est certain, et c'est là le problème ! Notre rôle varie constamment : au sein d'une journée type, j'alterne ceux de chauffeur de pick-up - définitivement mourant, si jamais vous avez un bon pote concessionnaire Toyota, je suis preneuse - juge de proximité, professeur d'informatique / anglais / français / hygiène / entretien ménager / cuisine (sic) / couture (re-sic), apprenti psychologue, gestionnaire d'économies de bouts de kramas. |
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