En avril, la vie fourmille ! 

Et au sens propre, il suffit d'en parler à mon ordinateur ; par trois fois dévoré par de minuscules fourmis rouges, par trois fois bombardé d'anti-moustique. et les cadavres recroquevillés pleuvent encore quand je le secoue ! Sans doute leur façon à elles de me souhaiter la bienvenue . car ça y est, mes maigres cartons ont investi la Happy House.

C'est sans doute le plus léger des mes déménagements jusqu'à présent : absolument tout tenait sur la remorque ! L'aspirateur n'était que de passage, emprunté à l'hôtel et ramené bringuebalant sur ma moto. Tout comme des nattes, des paniers et une lampe sur pied : je vais bientôt me lancer dans le transport des cochons ;-)

Cela fait maintenant 3 semaines que mes voisins guettent mes allées et venues, hésitent entre le rire et le souci quand je reviens aubergine du footing, essaient de lier conversation. Je les regarde moi vivre dehors, vaisselle et douche comprises. Je me suis débarrassée des fourmis, ai failli inventer la mort-aux-chiens pour calmer ceux qui hurlaient de concert dès que la musique des bals se taisait. Car avril est aussi le mois du Nouvel An Khmer : une semaine de fêtes, d'offrandes et de ménage printanier pour faire bon accueil à la nouvelle divinité et à sa monture. La déesse Au-Nom-Tout-en-A est ainsi arrivée sur son singe pour ouvrir l'an khmer 2548. Evidemment, les astrologues s'en sont donnés à cour joie : la récolte de Paddy, ou riz non décortiqué, sera t'elle bonne ? Le nouveau gouvernement sera t'il formé avant le premier anniversaire des élections ? Le goût reconnu de la déesse pour le rouge sera t'il synonyme de sang versé au cours d'émeutes populaires ? Même Mme Phalla m'a dit avoir très peur des ogres qui toujours accompagnent la Miss Au-Nom-Tout-en-A ; et quand j'ai souri, j'ai cru que j'allais me prendre un coup de son célèbre sac à main sur la tête.

Une chose est sûre : la fête a battu son plein, grâce à d'énormes enceintes, pendant 5 jours d'affilée. Et les pagodes ont été transformées en véritable boîtes de nuit ; imaginez l'église du coin, le presbytère et son charmant jardin, encerclés de haut-parleurs, recouverts de tentes en nylon rose scintillant, investis par la foule venue danser, chanter, jouer aux manèges, boire, dormir. le bal des pompiers, sans grande échelle ni moustaches, mais avec des sonos autrement plus puissantes !

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