| Septembre en Khmérie
ou les délices de l'eau (suite)
Transition idéale pour vous faire part de LA nouvelle de septembre : je ne suis plus bénévole, mais volontaire, et à ce titre touche une royale indemnité de 250$ par mois. Ils sont arrivés à point, car je commençais à en avoir ras-la-gamelle du riz bouillon ; à moi les petits tartares du Barrio, bar-restaurant fort sympathique, et le petit verre de picrate, certes bien moyen mais fort apprécié. Je mets, au sens propre du terme, du beurre dans mes liserons d'eau ! En bonne provinciale, je ne manque aucune occasion de retourner à la capitale, et septembre m'en a donné deux. En début de mois tout d'abord, au moment de la rentrée des classes au centre de PSE : spectacle touchant que ces 1000 élèves de tous âges retrouvant leurs uniformes, copains et professeurs ! Et ceux d'entre eux qui maintenant me connaissent m'ont inondée de « Sophie, I miss you, I miss you everyday », avec leur délicieux accent et sourire khmers - craquant ! Mon deuxième passage à Phnom Penh ne fut qu'une halte en direction de la mer, où avec une dizaine d'anciens élèves de PSE, tous maintenant salariés, nous étions allés en « séminaire » pour justement créer l'association des anciens élèves. Vous imaginez bien qu'au bord de l'eau à 23°, nous n'avons pas fait que travailler. mais malgré les tentations, ils ont élu un bureau, ont défini leurs premières tâches, et se sont engagés à partager leurs expériences avec les étudiants actuels. Espérons que leur enthousiasme ne fonde pas comme glace au soleil ! Entre ces deux sauts de puce, le mois s'est écoulé tranquillement, avec son lot de problèmes domestiques et de recherche de stages ; les hôteliers sont dans l'ensemble encore plutôt réceptifs à l'idée de cuisinier-stagiaires, hormis le Sofitel : le taux d'occupation ne remonte pas sans doute à la même vitesse pour tous ! J'allais oublier : pour les Khmers, septembre est centré autour de la Fête des Ancêtres, deux semaines ponctuées de célébrations nocturnes : en mémoire de leurs morts, tous vont à la pagode à partir de 3h du matin, préparer des offrandes et les leur offrir en les jetant par dessus-bord autour du temple principal. Les esprits ne « survivant » pas au lever du soleil, il faut les nourrir avant ! Alors, pendant que les bonzes frappent les tambours géants, et marmonnent leurs prières, les fidèles font pleuvoir les boulettes de riz gluantes dans la nuit enfumée d'encens. Expérience vraiment inoubliable - mais sans photo à l'appui, ma seule présence étant déjà suffisamment incongrue. Octobre se présente favorablement, puisque les 300m d'ornières menant à notre centre sont en train d'être comblés : adieu les glissades dans la . boue ! Nous avons trouvé du travail à deux de nos jeunes, alors qu'un autre a lui tout simplement décidé d'arrêter. Il faut avouer qu'en tant qu'illettré, gagner trois fois le salaire d'un instituteur, à savoir 60$ par mois, c'est effectivement insupportable, surtout quand on a femme (au chômage) et enfant (en bas-âge) ; rien n'y a fait, il est tout autant déterminé que nous sommes impuissantes. Pour nous remonter le moral, nous sommes allées distribuer crayons, cartables et cahiers aux enfants de la décharge, et avons fait autant d'heureux ! A l'agenda social du mois, mariage khmer, fête d'anniversaire, fête de naissance d'une petite Sorya, et début des répétitions d'une comédie musicale entre copains expatriés - j'ai toujours très bien chanté ;-) Au centre PSE, 6 chiens mâles redoublent d'ardeur pour honorer notre unique femelle, dans des positions acrobatiques jusqu'alors inconnues et des hurlements insupportables. j'envisage tout simplement le poison. Et je ne marche plus pieds nus dans l'herbe depuis que j'ai fait connaissance, heureusement à distance, avec les scorpions et les serpents : gloups ! Dernier spécimen en date pour mon bestiaire : les crocodiles, d'élevage bien sûr, que j'ai vus dépecer ce matin sur le trottoir, en pleine ville : des monstres, mais curieusement bien tranquilles dans les mains d'adroits chirurgiens improvisés. Voilà donc mon actualité, je serai ravie de lire les vôtres. à bientôt ! |
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