Tchôm rirb sour !

Traduction phonétique la plus proche de bonjour. et ce n'est rien par rapport à l'écriture, je pense m'y mettre à la deuxième session de septembre. Au bout d'une semaine, de 3h de cours et un peu de travail perso, je sais prononcer 50 mots - se faire comprendre est autre chose !

Super première semaine : long voyage mais nickel, bon accueil à l'association par les autres volontaires, conditions matérielles inespérées - 3 plats au déjeuner tous les midis dans le restaurant d'application de l'école hôtelière, terrasse de l'appartement donnant sur une superbe pagode. Je m'étonne d'un rien dans Phnom Penh - que ce soit les poutres de glace transportées en charrette et débitées à la scie et au marteau, les poules rose fluos qui ont eu le malheur de tomber entre les mains des enfants, les fabriques de bouddhas bariolés (très kitsch), les égoûts à ciel ouvert, les bonzes basanés et safranés s'entassant à l'arrière des moto-dop ou bien déambulant par 35° sous leurs parapluies assortis.

Je ne vous dis rien de la poussière (seules les très grandes artères sont goudronnées), de la circulation (chaotique, à contre-sens, à droite alors que les voitures ont aussi le volant à droite), de la chaleur (sieste obligatoire), des hello qui pleuvent et des célèbres sourires cambodgiens. Je n'ai encore presque rien vu de la ville, mais sans être belle, elle me plaît bien. Les marchés particulièrement : même si les odeurs sont fortes, l'hygiène occidentale inexistante, on y est à l'abri du soleil, on peut tout y acheter, y manger, y boire. Les khmers y font aussi la sieste, à même leur étal - sans se soucier de la viande qui traîne près de leurs pieds, ou dans un hamac suspendu au-dessus de leurs marchandises. 

La décharge (bien nommée le monstre) et les familles qui vivent au pied des pentes d'ordures sont évidemment beaucoup moins drôles, et même pas du tout, du tout, DU TOUT. Elle est énorme, pestilentielle, toujours enfumée ; ça pique les yeux et la gorge, quand on est sous le vent on n'y voit pas à 20 mètres. Il y a une piste qui coupe les collines d'ordures qui se décomposent au soleil, et on y croise les enfants pliant sous le poids de ce qu'ils ramènent au village - où un ènième tri aura lieu. Quand une benne approche, les gens, comme autant de fourmis, courent et accrochent le camion de leur tige métallique, afin d'être les premiers à en faire tomber les sacs. Un immense sac de jute, porté sur le dos et accroché au front, et cette tige crochetée sont leurs outils de travail ; pour se protéger un peu, ils s'enfouissent sous leurs kramas (écharpe traditionnelle), celui qui leur sert tout pareil à se moucher et essuyer les épluchures de légumes récupérées. On ne voit que leurs yeux, ça leur donne un air de brigand, on a le cour fendu et les larmes aux yeux en les regardant peiner et malgré tout . sourire.

(sans transition) Voilà pour mon premier message général, je garde les détails boulot pour un prochain; comme je ne ferai sans doute pas beaucoup de tourisme durant cette année - on bosse jusqu'au samedi midi, de 7h30 à 18h30 - je ne pourrai pas vous abreuver régulièrement d'images dépaysantes ou moyenâgeuses, sorry, mais vous tiendrai au courant de ma « routine » cambodgienne.
N'hésitez pas à me répondre, j'ai accès à internet au café d'en face, il me suffit de ne pas me faire écraser (au bureau aussi, mais bon, c'est pas trop fait pour les mails perso), et même si c'est TGL - comme ils qualifient leur unique liaison ferroviaire, une journée pour moins de 500km - ça marche ! 

Des grosses bises à tous,

Sophie.

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