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Les
Masaïs
vus
par
Joseph
Kessel |
Beautée
masaï
«
Qu’ils étaient issus de cette race, j’en fus certain tout de suite
malgré mon peu d’expérience. Un voyageur pouvait aisément
confondre les Jalluo, les Embu, les Wakamba, les Kikouyou, les Mérou,
les Kipsigui et tant d’autres tribus noires qui peuplaient le Kenya. Mais
s’il avait croisé, ne serait-ce qu’une fois, dans les grandes plaines
raides et dans la brousse ardente quelques Masais, il ne pouvait plus les
oublier ni les méconnaître.
Il
y avait cette démarche princière, paresseuse et cependant
ailée, cette façon superbe de porter la tête et la
lance et le morceau d’étoffe qui, jeté sur une épaule,
drapait et dénudait le corps à la fois. Il y avait cette
beauté mystérieuse des hommes noirs venus du Nil en des temps
et par des chemins inconnus. Il y avait dans les mouvements et les traits
cette bravoure insensée, inspirée. Et surtout, cette liberté
orgueilleuse, absolue, indicible d’un peuple qui n’envie rien ni personne
parce que les solitudes hérissées de ronces, un bétail
misérable et les armes primitives qu’il façonne dans le métal
tiré du lit sec des rivières comblent tous ses soins et qu’il
est assez fier pour ne point laisser sur la terre des hommes ni maison
ni tombeau. »
Seigneurs
«
Les Masai ne vendent et n’achètent rien. Ils ont beau être
noir, il y a du seigneur en eux. »

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