Le petit prince et le puit

Le petit prince et le puit« Et, marchant ainsi, je découvris le puits au lever du jour.

(…) Le puits que nous avions atteint ne ressemblait pas aux autres puits sahariens. Les puits sahariens sont de simples trous creusés dans le sable. Celui-là ressemblait à un puits de village. Mais il n’y avait là aucun village, et je croyais rêver. 

- C’est étrange, dis-je au petit prince, tout est prêt : la poulie, le seau et la corde...

Il rit, toucha la corde, fit jouer la poulie. Et la poulie gémit comme une vieille girouette quand le vent a longtemps dormi.  (…)

- Les hommes de chez toi, dit le petit prince, cultivent cinq mille roses dans le même jardin... et ils n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent...
- Ils ne le trouvent pas, répondis-je...
- Et cependant ce qu’ils cherchent pourrait être trouvé dans une seule rose ou un peu d’eau...

Et le petit prince ajouta : 

- Mais les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le coeur.

J’avais bu. Je respirais bien. Le sable, au lever du jour, est couleur de miel. J’étais heureux aussi de cette couleur de miel. Pourquoi fallait-il que j’eusse de la peine...  »