| Pourquoi
lancer Cap Mag' en vous auto-interviewant (et en plus en vous vouvoyant)
?
Le
vouvoiement d'abord : c'est juste que ça sonne bizarre d'utiliser
le tutoiement dans une interview. En plus, cela met le lecteur dans une
position inconfortable car il a l'impression de s'immiscer dans la conversation
entre deux amis.
Ensuite,
l'intérêt de commencer par s'interviewer soi-même, c'est
qu'à l'avenir je n'aurai plus à expliquer ma démarche.
Il suffira de lire cette interview.
Quelle
est la genèse de Cap sur le Monde ?
A
l'origine, Cap sur le Monde a été le site fédérateur
de mes sites carnets de voyage autrefois dispersés sur le net. Puis,
j'ai enrichi le contenu de ce dernier pour lui donner une identité
propre avec une collection de citations sur le voyage et surtout des affiches
PLM. Ces affiches évoquent pour moi l'évasion, l'envie de
partir au loin, l'exotisme colonial aussi...
Maintenant,
Cap est désormais un portail de voyage. Un site que les gens qui
voudraient voyager iraient visiter pour se chercher un lieu destination.
D'un autre côté, ce n'est pas un vrai portail car il n'y a
pas de pub !
Je
voudrais aussi en faire un site sur les sites de voyage. Parler non pas
du voyage lui-même mais de la manière de le raconter, le site
internet n'étant que la version contemporaine du carnet de voyage.
Justement,
pourquoi faites-vous des sites de voyage ?
Cela
relève du même processus que la réalisation d'un album
de voyage en rentrant chez soi. L'envie de fixer un peu les souvenirs du
voyage, d'éviter d'oublier les noms de lieux (en général,
je ne retiens rien), l'occasion de faire le point et aussi aussi de faire
partager un moment fort de mon existence. Car qu'on ne s'y trompe pas,
voyager est pour moi quelque chose de très fort. Enfant, en rentrant
de voyage, je faisais déjà des petits carnets que je créais
à partir de photos collés et que je feuilletais à
mes moments perdus.
Mes
sites ne sont pas des guides. Certains ne présentent même
pas l'itinéraire suivi. Ce sont des compilations de photos et d'éléments
qui m'ont marqué avant ou pendant le voyage. Ceci explique la présence
dans mes carnets de nombreuses rubriques 'culturelles' liées au
pays, mais pas vraiment au voyage. J'aime ainsi beaucoup mon site sur la
Casamance avec ses petits dossiers sur Kirikou, Léopold Sédar
Senghor ou encore les Tirailleurs sénégalais et Touré
Kunda.
Mais
il faut que je fasse attention : maintenant quand je pars en vacances,
j'ai tendance à anticiper ce que je vais mettre dans le site. Cet
été, j'avais ainsi pris avec moi mon exemplaire du Temple
du Soleil en partant au Pérou. Idem pour les photos : j'en prends
en sachant quel usage je vais en faire dans le site (typiquement, photographier
des crottes de lamas car il y aura une rubrique consacré à
cet animal dans le site !).
Vous
recevez beaucoup de courrier par vos sites ?
Pas
mal en effet. En général, il s'agit de personnes qui me demande
des conseils pratiques. Or pour tout ce qui est logistique, je leur suis
en général parfaitement inutile : je passe à peu près
toujours par un tour opérator (UCPA en général) et
ne me préoccupe pas de la logistique. En revanche, je peux toujours
aider les gens quand ils me posent des questions sur les sites à
visiter.
En
général, les gens qui font des sites de voyage, sont de grands
baroudeurs. Vous, vous passez par un tour operator ?
Ben.
oui. C'est plus confortable. Le problème avec les voyages que l'on
fait seul, c'est qu'ils sont peu optimisés. Ce qui fait d'ailleurs
leur charme. Quand on a peu de vacances, on a envie de profiter le plus
possible du peu de temps qu'on a dans le pays. Avec un guide, on n'est
pas tributaire (ou moins) des horaires de transports en commun. Parfois
(c'était le cas au Kenya), on ne peut voir des choses que parce
qu'on a un guide. Et puis finalement, cela correspond à mon tempérament
: je crois que je suis un peu paresseux et j'apprécie de me laisser
guider (quand c'est bien fait).
Autre
dimension non négligeable : dans ces voyages en groupe, le groupe
est tout aussi important que le voyage lui-même.On rencontre des
gens que l'on aurait jamais rencontré autrement. C'est sympa aussi.
Créer
un site, c'est facile ?
Oui
et non. C'est une question d'habitude. Si je compare le premier site de
voyage (Madagascar) avec le dernier (Pérou), je constate que j'ai
fait quelques progrès. Mais l'esprit n'a pas changé. Et j'ai
toujours une grande affection pour le site malgache aussi maladroit soit-il.
J'aime
bien quand je créé un site de voyage réfléchir
au code couleur ou au choix de la typographie utilisée. C'est ce
qui va donner son identité au site. Pour les site jumeaux Kenya
et Zanzibar, j'avais ainsi repris la même structure en changeant
les couleurs pour reprendre les couleurs des drapeaux nationaux. Le vert
domine dans le site consacré à Bali, le orange dans le site
consacré au Sénégal.
Une
évolution majeure entre le premier et le dernier site : la taille
des photos qui tend à croître ; de plus en plus de personnes
ont en effet du haut débit et moi, depuis que j'utilise un appareil
photo numérique, je peux obtenir des photos de meilleure qualité
à l'écran. Ceci explique aussi pourquoi j'ai ouvert une rubrique Fonds
d'écran sur Cap avec les photos du Pérou.
Coté
visites, que donnent vos sites ?
Ce
sont les sites de capitales européennes (Copenhague, Lisbonne) qui
génèrent le plus de trafic. Pourtant, ce sont des sites relativement
légers. Dans les grands sites, le site sur les volcans du Michoacan
a pas mal de succès, suivi par celui sur le désert du Sinai,
les rizières de Bali et le désert du Sahara qui reçoivent
plus de 10.000 visiteurs par an.
Je
suis un peu déçu par les performances de mes sites d'Afrique
noire (Sénégal et Kenya-Zanzibar) qui sont pourtant d'excellente
facture.
Vous
avez un second portail de voyages, Objectif Terre. Comment se positionne-t-il
par rapport à Cap sur le Monde ?
Cap
regroupe des sites qui sont parfaitement autonomes les uns par rapport
aux autres. Souvent d'ailleurs, ils commencent leur vie avec une URL spécifique
(afin de faciliter leur référencement dans les annuaires). Objectif
Terre doit être plus vu comme un grand album photo avec
très peu de commentaires et tous mes voyages mis en perspective.
On
y trouve également des voyages que j'ai fait avant de faire des
sites de voyage ; en particulier ceux que j'ai fait quand j'étais
coopérant au Liban voire des voyages que j'ai fait avec mes parents
quand j'étais gamin.
Dernière
particularité : il est illustré par des dessins de Tintin.
Tintin évoquent pour moi, au même titre que les affiches PLM,
les voyages et l'exotisme. |
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Album
de photos
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Machu
Picchu, Pérou, 2003
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Gorée,
Sénégal, 2002
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Bali,
Indonésie, 2001
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Damas,
Syrie, 1996
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Séoul,
Corée du Sud, 1992
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