Brésil

Copacabana

« Après un tunnel sous un rocher qu'on croyait invincible, et voici la plage mondaine de Copacabana, ce Super-Nice, ce Super-Miami, la plus belle plage du monde. (.) Puis soudain ici, à Copacabana, l'océan Atlantique vous attaque de front, le vent vous emporte et l'on sent qu'entre ici et les côtés d'Europe et d'Afrique il n'y a rien que cette eau immense.
(.) La plage de luxe se trouve sur l'Avenida Atlantica, avec son hôtel fameux, ses cafés, ses orchestres de tziganes, son casino, sa large promenade et ses mours, peu brésiliennes. (.) Cette plage, avec ses belles terrasses devant les restaurants et les cafés, ne sert qu'au luxe, au sport, au plaisir, à la joie de tous les sens, et elle ne semble pas surchargée. On a l'impression que cette plage ne fait pas partie de Rio, qu'elle a été formée artificiellement, comme à Nice, mais en plus grandiose, pour les étrangers et les passagers de luxe, et qu'elle ne s'est intégrée que lentement à l'organisme de la ville. Il y a vingt ans [en 1920], il n'y avait que quelques maisons modestes, osant s'avancer dans ces dunes de sable. Mais depuis la découverte du plein air, du soleil et de l'eau, et surtout depuis la démocratisation de l'automobile, des quartiers entiers changèrent leur forme de vie. Aujourd'hui, l'habitant de Rio se rend à Copacabana aussi aisément que le Viennois au Prater ou le Parisien au Bois, pour qui jadis c'était une excursion, sinon un voyage.
Copacabana est le poumon de Rio, pour ne pas dire le cour. »

Stefan Zweig, Le Brésil, terre d'avenir
Copacabana
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